« Vers la réduction des méfaits pour les usagers de drogues injectables au Burundi »

L’usage de toute sorte de drogue en général et les injectables en particulier reste un sujet tabou au Burundi. Pourquoi ce concept nouveau au Burundi, qu’en est-il du projet «HIV and Harm Reduction », quels sont les facteurs de risque des usagers de drogues injectables face à l’infection du VIH ; tous ces sujets ont été abordés lors de l’atelier de formation sur la réduction des méfaits liés à l’usage des drogues injectables organisé par l’Alliance Burundaise contre et pour la promotion de la santé (ABS) du 5 au 9 septembre 2016 à l’hôtel le Panoramique.

La réduction des méfaits  pour les usagers de drogues injectables est un concept nouveau au Burundi selon le Représentant Légal de l’ABS, Ingénieur Mbonabuca Gérard qui a procédé à l’ouverture de l’atelier, c’est une catégorie qu’on ne peut pas ignorer car constat, ce sont des personnes à haut  risque d’infection du VIH comme les travailleuses de sexe et les homosexuels. Malheureusement on n’a pas les statistiques de seroprévalence pour la dite catégorie. Cependant, il a souligné la nécessité de faire une étude pour bien comprendre la situation au Burundi en matière de l’utilisation de la drogue.  Pour le Représentant de l’ABS, les usagers de drogues sont des gens qui ont perdu le contrôle de leur sens suite à la consommation abusive de la drogue, ce sont des malades qui ont besoin d’assistance médicale.

Comme les autres Pays de la sous-région concernés par le projet notamment le Kenya, les Seychelles, l’Éthiopie, le Zanzibar, l’Ouganda, l’Ile Maurice et la Tanzanie, le Burundi fait partie de cet ensemble pour ce projet «HIV and Harm Reduction » étendu sur trois ans. Le but du projet est d’accroitre l’accès aux services essentiels liés au VIH et de réduction des méfaits pour les personnes qui utilisent les drogues injectables.  Pour le Directeur Exécutif de KANCO, une synergie d’organisations de la société civile kenyane qui travaillent avec les usagers de drogues, la réduction des méfaits est le résultat des efforts conjugués de tout le monde.

Pour lui, son organisation vise la création d’un environnement favorable pour soutenir les interventions de réduction des méfaits des drogues dans les pays de l’Afrique de l’Est ; le renforcement des systèmes communautaires pour une riposte au VIH soutenue chez les personnes qui consomment les drogues et surtout l’utilisation des informations stratégiques sur l’épidémie du VIH en liaison avec l’usage des drogues injectables.

D’après Onesmus Mlewa le Directeur des programmes de Kanco, les facteurs de risque des usagers de drogues injectables face à l’infection du VIH sont nombreux. C’est un ensemble de facteurs interdépendants ; notamment le partage des seringues et des aiguilles non stérilisées pour les injections, la stigmatisation et la discrimination, la criminalisation et à l’incarcération, l’absence de traitement alternatif, le désespoir et la perte de sens à la vie, le manque d’accès aux services de santé (conseil et dépistage, ART, diagnostic et traitement des IST). Pour, mieux comprendre l’impact il a montré que 25,6 millions de personnes au sud du Sahara vivent avec le VIH. Cela représente environ 75% de l’épidémie mondiale de VIH, Pour les 20 dernières années de nombreux pays d’ Afrique ont connu la réduction de la prévalence du VIH de plus de 50% de la population générale.

En moyenne en Afrique subsaharienne plus de 30% des personnes qui utilisent les drogues injectables sont infectées du VIH. Les femmes sont les plus touchées avec plus de 40%. Les chiffres varient selon les Pays. Il a aussi précisé qu’en général pour cette région le taux de séroprévalence est de 0,45%, pour  les travailleuses de sexe c’est 4%, les homosexuels occupent 6% alors que les personnes qui s’injectent la drogue sont à 13%.

Pour la Directrice de l’ABS, il ne faut jamais traiter les usagers de drogue comme des fous. Bientôt avec l’étude, on va savoir la situation du Burundi pour ce cas, comment les trouver et savoir leurs besoins. Elle invite tous à s’investir dans les communautés afin de ne pas les considérer comme des criminels en les incarcérant,mais plutôt de les comprendre, de trouver des solutions pour eux et surtout de les aider à sortir de cet enfer par l’intermédiaire de ce projet de réduction des méfaits. Elle a ajouté que l’ABS va réaliser ce projet avec KANCO qui a déjà mené plusieurs actions pour les usagers de drogues au Kenya.

Signalons que l’atelier a rassemblé des participants de profils différents tenant compte de leurs apports pour la réussite effective du projet dont les usagers de drogues, les Parlementaires, la police anti-drogue, les représentants du ministère de la santé et de lutte contre le SIDA,les représentants des organisations qui vont faciliter la mise en œuvre et le personnel de l’ABS.

 

 

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